À la Recherche du Réalisme
- 21 juin
- 5 min de lecture
Il se peut être difficile de reprendre l’écriture après une longue pause. Je me suis promis d'être plus réaliste avec mon entourage.
Cela m’amène au sujet de ce post : la qualité du contenu d’un livre ou d’un film et ma recherche continue du réalisme dans l’écriture. C'était un mouvement littéraire et artistique. Parmi les écrivains fameux qui suivaient ce mouvement, il avait Gustave Flaubert.
Avec La Mansion, je suis une fois de plus sorti de ma zone de confort en écrivant une histoire d’épouvante et d’horreur, très éloignée des avancées technologiques et de l’ambiance à la Michael Crichton qui caractérisaient mon précédent roman, Le Prince du Temps. Pendant longtemps, je suis resté bloqué à réécrire la même histoire sous différentes formes. Pourtant, je compte reprendre bientôt l’écriture de La Mansion. De nouvelles idées commencent à émerger et, qui sait, je m’y remettrai peut-être plus tôt que prévu.
Cette question de la qualité du contenu me préoccupe énormément, notamment parce que La Mansion s’inspire d’une série culte : Buffy contre les vampires. Pour beaucoup, cette série est un monument. Je me suis donc fait la promesse de lui rendre hommage, même si je pars avec plusieurs handicaps.

J’écris avant tout pour préserver ma santé mentale. Mais comment raviver la flamme ? Comment parvenir à créer quelque chose d’aussi marquant qu’une œuvre devenue culte ?
La qualité du contenu est ma principale préoccupation dans l’écriture de La Mansion. Des scènes de sexe sont-elles réellement nécessaires ? Apportent-elles quelque chose à l’histoire ou sont-elles parfois simplement gratuites ? Faut-il adopter un ton plus cru ou rester dans un registre plus sobre et académique ? Comment créer de l’originalité dans un monde où tant d’idées ont déjà été explorées ? Et surtout, comment s’assurer que ces idées servent véritablement la qualité du récit ?
De mon côté, lorsque j’écris, je me pose toujours la question de la sincérité : est-ce que cette scène ou ce dialogue sonne juste par rapport à mes personnages, à mon univers ou à ce que je veux transmettre ? Je me fie beaucoup à mon intuition et à mon ressenti du moment. J’essaie de trouver un équilibre entre ce qui me touche personnellement et ce qui, à mon sens, servira le mieux l’histoire. Si une scène me semble seulement provocante ou gratuite, je préfère l’écarter ou la retravailler jusqu’à ce qu’elle ait un véritable sens narratif. C’est en prenant du recul et en relisant mon texte à voix haute que je décide du ton ou du contenu les plus appropriés, en gardant toujours à l’esprit le respect de mes lecteurs et la cohérence de l’ensemble.

Hier soir, j’ai revu Meg 2. Selon Rotten Tomatoes, le film comporte quelques moments divertissants, même si son histoire manque de cohérence et traîne en longueur avant d’offrir quelques scènes excentriques. J’ai tout de même admis qu’il était meilleur que dans mon souvenir et que, la première fois, j’étais probablement trop fatigué pour l’apprécier pleinement. Pourtant, un détail m’a interpellé.
Dans le film, un groupe est coincé dans une station expérimentale située à plus de 8 000 mètres sous la mer, bien plus profondément que l’épave du Titanic. Pris en otage par des terroristes, ils sont entourés de mégalodons et d’autres créatures préhistoriques. C’est alors que le personnage de Jason Statham décide de nager à l’extérieur de la station pour atteindre un sas et redémarrer les machines afin de sauver ses compagnons.
Or, à une telle profondeur, aucun être humain, surtout sans combinaison, ne pourrait survivre en raison de la pression colossale. (Team, 2025) Ce genre de détail peut être amusant au cinéma, mais il nuit à la crédibilité de l’histoire. Pour ma part, lorsque j’écris, je me pose toujours la question de ce que je souhaite privilégier : le réalisme ou l’impact dramatique. J’essaie de fixer une limite, un « seuil de réalisme » en deçà duquel je ne veux pas descendre. Je veux que l’histoire reste crédible pour les lecteurs, quitte à adapter certains éléments pour servir le suspense ou l’émotion, mais jamais au point de trahir les règles de base de mon univers. Par exemple, si une scène spectaculaire exige une entorse à la réalité, je m’assure d’y apporter une justification cohérente ou d’en limiter l’usage afin de ne pas rompre l’immersion. Ce choix, je le fais scène par scène, en gardant toujours à l’esprit la cohérence globale et le respect de l’intelligence du lecteur.
Selon Le Monde, les premiers films Jurassic Park avaient effectivement une volonté de réalisme scientifique, mais les suites ont de plus en plus ignoré les avancées de la paléontologie, comme l’existence de dinosaures à plumes. C’est en partie ce qui faisait leur force. (Pourquoi les dinosaures de « Jurassic Park » sont de moins en moins réalistes, 2025)
J’estime qu’une œuvre gagne en qualité lorsqu’elle s’appuie sur un minimum de réalisme. Sans cela, elle risque de sombrer involontairement dans le comique.
Écrire un livre représente un travail immense. Il faut non seulement raconter une histoire, mais aussi convaincre le lecteur de poursuivre après deux ou trois chapitres. C’est parfois un défi encore plus ou aussi complexe que celui de réaliser un film.
Comme beaucoup, j’ai regardé Buffy contre les vampires pendant quatorze ans. Récemment, pour m’inspirer, j’ai également découvert une adaptation très libre de Pride and Prejudice de Jane Austen. Dans cette version, des zombies ont été ajoutés à l’intrigue originale. Personnellement, en tant qu’admirateur de l’œuvre de Jane Austen, j’ai eu l’impression qu’on dénaturait un classique. C’est un peu comme si l’on décidait de repeindre la Joconde de Léonard de Vinci.
Ils auraient probablement dû donner un autre titre à ce film, même s’il s’inspirait de l’œuvre originale.
À l’inverse, prenons l’exemple de Hook de Steven Spielberg. Le film s’inspire directement de Peter Pan, mais raconte une histoire différente. Peter a quitté Neverland ; il est devenu adulte, père de famille et chef d’entreprise, si absorbé par son travail qu’il en oublie parfois l’essentiel : sa femme et ses enfants.
Le film ne s’appelle pourtant pas Peter Pan, mais Hook. Cette différence montre qu’il est possible de rendre hommage à une œuvre telle que Peter Pan de John Barry tout en créant quelque chose de nouveau.

Avec La Mansion — qui reste d’ailleurs un titre provisoire — j’ai exploré plusieurs pistes et plusieurs noms, dont The Mansion Project, en lien avec le Connor Project, la comédie musicale mettant en vedette Ben Platt.
Écrire La Mansion m’a sauvé à bien des égards. Ce projet m’a permis de retrouver une certaine fierté et d’accepter davantage qui je suis.
J’ai traversé des périodes très sombres. À plusieurs reprises, j’ai dû lutter contre des idées noires et des pensées suicidaires, notamment durant une période particulièrement difficile de ma vie. L’écriture a souvent été mon refuge. Si vous traversez des moments difficiles, souvenez-vous que vous n’êtes pas seul et qu’il existe toujours une lueur d’espoir, même quand tout semble obscur. Parler à quelqu’un ou trouver une activité qui vous apaise peut parfois faire toute la différence.
J’ai également écrit une trilogie intitulée Toby, The Retreat and Fellowship, inspirée de ma passion pour Le Seigneur des Anneaux et son auteur, J. R. R. Tolkien. Selon le film biographique consacré à lui, Tolkien a puisé dans son expérience de la Première Guerre mondiale pour imaginer la Terre du Milieu. (Sargos, 2020)
Toby est d’ailleurs l’un des héros de La Mansion, aux côtés de Brad, Selene, Peyton, Mylène et Raul.
J’aime le réalisme. En tant que futur écrivain, ou écrivain, le réalisme va de pair avec la qualité. J’aime lorsque chaque détail trouve sa place et que l’ensemble s’assemble naturellement. Peut-être est-ce, finalement, ce qui me pousse à continuer d’écrire, bien que, pour moi, ce soit, à cause de mon passé, une mission très difficile, voire un défi.
References :
Team, E. (2025). Can a human survive at the bottom of the ocean?. Enviroliteracy.org. https://enviroliteracy.org/can-a-human-survive-at-the-bottom-of-the-ocean/
(July 4, 2025). Pourquoi les dinosaures de « Jurassic Park » sont de moins en moins réalistes. Le Monde. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2025/07/04/pourquoi-les-dinosaures-de-jurassic-park-sont-de-moins-en-moins-realistes_6618099_4355770.html
Sargos, A. (2020). De l'influence de la guerre sur le processus créatif. Bibliothèque nationale de France. https://www.bnf.fr/fr/mediatheque/de-linfluence-de-la-guerre-sur-le-processus-creatif











