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La Journée des pères et le féminisme

  • Dimitris Schoen
  • Feb 25
  • 3 min read

Ce qui m’a interpellé récemment, c’est un article paru dans le journal valaisan Le Nouvelliste. Il évoquait la situation difficile de certains pères après un divorce douloureux : des papas qui voient peu, voire plus, leurs enfants, qui souffrent de leur absence, qui se sentent parfois exclus.


À l’occasion de la Fête des Pères, j’aimerais que nous parlions de féminisme, et plus particulièrement de ce que j’appelle le « féminisme ultra ». En Suisse, les femmes ont obtenu le droit de vote après un long combat — comme le montre le film L'Ordre divin. Les droits des femmes sont une conquête relativement récente, tout comme ceux des personnes LGBTQ+.


Si l’on observe la politique actuelle et les dernières élections au Parlement, on constate un recul de la représentation des femmes. C’est préoccupant, car les femmes doivent pouvoir participer pleinement aux décisions qui les concernent. Une femme comprend souvent mieux certaines réalités vécues par d’autres femmes.


J’aimerais aussi attirer l’attention sur le terme « Balance ton porc » et ses implications. Bien sûr, il est essentiel de dénoncer les violences et les abus. Mais lorsqu’une dénonciation est injuste, elle peut briser des vies et frapper aussi des hommes intègres. Il peut arriver que, dans des séparations conflictuelles, certains pères soient privés de leurs enfants. Or ces enfants sont aussi les leurs. Lorsque des hommes bons se sentent injustement traités ou exclus, certains peuvent sombrer dans le ressentiment, voire dans une forme de radicalisation que l’on appelle parfois « masculinité toxique ».


Détestez-vous les hommes ? Je ne le crois pas. Comme dans le film Jerry Maguire, je veux croire que l’amour demeure, même lorsque les relations sont complexes. Mais parfois, la logique du « œil pour œil » semble prendre le dessus. Je me demande si, dans certaines formes de féminisme extrême, on ne risque pas de reproduire envers tous les hommes les mêmes généralisations et injustices que celles que des hommes — des monstres, oui, il faut le dire — ont infligées aux femmes pendant des décennies, et continuent d’en infliger dans certains pays.


La situation de certains pères devrait aussi nous alerter. Les enfants sont le fruit d’une union. Les violences faites aux femmes augmentent, ce qui est inacceptable. Mais faire la guerre entre les sexes, empêcher un homme bien de voir ses enfants, ou soutenir aveuglément une personne simplement parce qu’elle est une femme, peut aussi être une erreur. Le monstre peut être un homme ou une femme.


Arrêtons cette guerre stérile des sexes. Je pense à la chanson « Adieu » de Jérémy Frérot, qui parle de séparation et de reconstruction. Je crois davantage à l’esprit d’équipe qu’à un affrontement à la manière de Kramer vs. Kramer. Mettons les monstres en lumière lorsque c’est justifié — mais ne mettons pas tout le monde dans le même panier.


Tous les hommes ne sont pas des porcs. Beaucoup sont des pères aimants, bienveillants, parfois même féministes, prêts à tout pour leurs enfants. Les injustices, même dans le monde du travail, peuvent faire reculer les droits durement acquis et pousser certains hommes bons au découragement.


J’ai moi-même compris que mon féminisme était parfois devenu excessif et qu’il manquait de nuances. Aujourd’hui, je crois à l’égalité véritable. Je refuse les généralisations. Je crois que la masculinité positive peut l’emporter sur la masculinité négative.


Je pense à Damien Saez et à sa chanson « Putain vous m’aurez plus », quand il évoque le désenchantement et la perte de repères. Mais je refuse le cynisme. Je veux croire que l’amour et le respect sont encore possibles.


Je pense aussi au film Madame Doubtfire, qui montre à quel point la séparation peut être douloureuse pour un père. Peut-être qu'il serait temps de se poser une question simple et universelle : qui a le droit d’empêcher un parent d’aimer son enfant ?


Les hommes bien existent. Les femmes bien existent. Si nous cessons de nous opposer systématiquement, si nous protégeons les victimes réelles sans fabriquer de coupables, nous pourrons peut-être briser le cercle vicieux de la haine. Les féminicides doivent diminuer. Les injustices aussi. La natalité, la confiance, la coopération entre les sexes ne peuvent renaître que dans un climat d’équité. Donnons aux pères aimants le droit de voir leurs enfants grandir.


 

 
 
2026
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